Accueil Date de création : 31/01/10 Dernière mise à jour : 29/11/11 13:17 / 37 articles publiés

Corps  posté le jeudi 04 février 2010 20:52

Blog de monapoezia :Les mots de Mona, Corps

« Mes yeux s’ouvrent. La vie comme un torrent s’écoule au loin. Le bruit et le silence. Je suis au monde : je regarde le mouvement, le mouvement des corps qui se lient et se délient, le mouvement des cœurs, le mouvement des espoirs fracassés dans un bruit de verre brisé. Je regarde. Parfois, fatiguée par tant de heurts, je m’enfuis dans un rêve suspendu au dessus de nulle part. Là, où tout est calme, frisson d’été, sourire céleste. Là où rien n’existe et où tout est. Là où aucun mot ne peut me blesser, là où aucune seconde n’est perdue. Et là dans ce monde qui n’est pas je contemple, je regarde, je tente de voir, j’aperçois : corps fracassés, corps délaissés, corps perdus, yeux plein d’une tendre folie, regards remplis d’a-espérance, brumes d’alcool, rires fous. Je regarde : la musique se déchaîne, les corps s’entraînent, Dieu, les dieux, les démons, les étreintes, possessions et dépossessions, parfums et délire des sens. Nuit et éblouissement. Chacune de nous a son refuge, chacune son espoir, chacune son rêve de démesure, chacune a ses blessures, parfois un orgueil qui n’est qu’une ultime armure. Corps meurtris, corps dénutris, corps fardés, corps sauvages, corps oubliés, corps retrouvés, corps amoureux d’eux-mêmes, corps en désamour, corps sublimés… Où est l’âme, où est le corps, où est l’essence, où est la Vérité, celle des corps qui s’empoignent, se mesurent, se défient ? Où est l’intensité des corps, l’intensité des regards, où est la démesure ? Où est le corps de l’Amazone ? »

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Vivre?  posté le jeudi 04 février 2010 20:19

Blog de monapoezia :Les mots de Mona, Vivre?

Vivre. Comment fait-on pour vivre ? Respirer, je veux respirer encore. Sentir la fraîcheur de l’air pénétrer ma gorge, emplir mes poumons, traverser mon ventre et se distiller dans mon corps, mes veines, ma chair. Vivre, étrange état dont on ne sait rien, dont on n’apprend rien et pourtant dont il faut s’accommoder jour après jour. L’air manque. L’oxygène se tarit. L’espace se réduit. J’étouffe. J’étouffe des mots qui ne sont pas miens, des peines qui ne sont pas miennes. J’étouffe des mes vies passées, des mes vies à venir non vécues. J’étouffe de mes souvenirs brodés au fil des nuits, rêves à demi éveillés d’un temps où le temps fut lui même banni. J’étouffe des heures qui se rapprochent et viennent presser ma poitrine, des secondes qui me poursuivent pour mieux me coincer entre deux minutes suffocantes.
La lune se penche. Est elle libre, elle ? Sait-elle respirer le parfum des étoiles ? Sait-elle ouvrir ses ailes de lumière ? Sans doute. La lune, elle, elle ne vit pas. La lune est.
Il faut donc accepter de ne pas respirer pour vivre. Peut-être... L’apnée nécessaire pour mieux apprécier l’instant de l’inspiration salvatrice aux pieds d’une muse éthérée.
Peut-être qu’il faut accepter de ne pas respirer comme il faut accepter le malheur, le bruit ou le désordre pour mieux ressentir la plénitude du bonheur, du silence ou de l’harmonie…
Mais un monde où un mal serait nécessaire pour un bien saurait-il me convenir ?
Moi qui ai depuis des années vécu en apnée, couru après le temps, affronté le bruit et mes désordres intérieurs pourrai-je encore me plier aux lois d’une vie médiocre et sans saveur ? « Il le faut ! »
Je me retourne.
Il est là. Il vient de lancer son cri de guerre. Ses yeux lancent des éclairs. Sa voix gronde. Sa chevelure de feu transperce l’obscurité de la pièce.
« Il le faut, et tu le sais ! »
Compagnon de nulle part et d’ailleurs. Mon autre qui ne sera jamais moi, mon moi que je ne ferai jamais mien, créature d’un monde oublié aux confins de ma conscience qui tape encore une fois du pied et dis «  va ! »
« Aller, aller, je le veux bien, ami.. Mais où ? »
Son regard s’adoucit, change de couleur. Le vent se lève dans ses yeux. Une pluie fine vient y dessiner un arc-en-ciel. Un oiseau passe. Un merle entame son chant clair au dessus de la terre encore mouillée après l’orage. Le ciel. Il y a là le ciel, bleu, bleu comme on n’en voit que rarement, limpide vers lequel un regard tendre se lève et une voix s’envole : « Regarde, tu es dans le ciel. C’est ton prénom ».
Je lève les yeux dans ce ciel. Je cherche mon prénom. Ainsi, voilà ma mère qui me dit cette vérité que je sais depuis toujours. Je ne suis là que par hasard. Je viens de là haut. Non pas du ciel mais de sa couleur bleue. Surprenante naissance. Je suis fille du bleu céleste. Et pourtant je sais que je ne suis pas un ange. L’ange, c’est l’autre, celui qui m’offre ce souvenir bleu dans le feu de ses prunelles.
« Va » répète-t-il.
Je ferme les yeux.
Là où je vais il n’y a nul besoin de garder les yeux ouverts. Nul besoin de voir comme on voit dans la vie.
J’ai un goût de groseilles dans la bouche.
L’herbe humide encore du petit matin caresse mes pieds nus. Il faut faire attention, suis-je en train de penser. Il ne faut pas marcher dans la fourmilière. Lentement je me déplace en direction de la cabane verte. C’est une toute petite cabane, en vérité un abri de jardin dans lequel deux personnes adultes ne peuvent tenir, mais je préfère l’appeler cabane. On y trouve de merveilleux trésors. Des grandes pelles vertes, de minuscules râteaux aux dents courbées, des fourches tout droit sorties de mon abécédaire où un diable cornu sautille pourchassé par un ange magnifique et terrible, des seaux immenses, un arrosoir à trompe d’éléphant certainement en ce lieu après qu’une sorcière ait lancé un sortilège au malheureux animal et des cordes de chanvre, d’une épaisseur remarquable, des lianes dans cette jungle d’outils dont on m’a promis de me faire une balançoire. A petits pas, j’avance. Bientôt l’herbe disparaît. Mon pied glisse en frémissant sur des dalles lisses et froides. La cabane est ouverte. La porte de bois sombre laisse la lumière y pénétrer tout doucement mais les ténèbres y demeurent encore. Je n’ose y entrer. Les ombres dessinent des formes bizarres d’êtres surnaturels tantôt courbés, tantôt dressés devant moi, tantôt géants fantomatiques aux contours imprécis, tantôt obscurs trolls à demi cachés dans les reflets verts de son antre. Je souris. Je viens d’apercevoir l’échelle noire contre le vieux cerisier aux bras chargés de fruits rouge sombre, calée contre un mur de la cabane. Comme elle est haute, cette échelle ! Et comme le cerisier me paraît grand! Une corbeille d’osier repose à ses pieds, vide encore. Je monte avec mille précautions sur l’échelle. J’ai le vertige. J’ai toujours eu le vertige. Ma tête ne tourne pas mais mes jambes se raidissent, mes genoux mollissent, mes mollets faiblissent. Encore un effort ! Les longues feuilles touchent bientôt ma main qui vient s’agripper au tronc et qui se met à chercher les fruits juteux au goût sucré. Je sens quelque chose couler sur mon doigt. Il y a là des cerises déjà trop mûres. Délicatement, j’écarte le lourd feuillage où le rubis se mêle à l’émeraude. Je cueille un fruit de mes doigts, le frotte entre mon pouce et mon index pour en enlever toute de poussière, puis le met dans ma bouche après avoir contemplé un instant ses reflets et sa luisance. Sous la peau fine, je découvre la chair tendre et le petit noyau dont nous nous amusions à faire des projectiles, mes cousins et moi, en des concours peu recommandables aux petites filles bien sages en petite robe bleue.
Je ferme les yeux.
« Va » ! Me répète la voix encore comme un lointain écho de moi même.
Je vais.
Les arbres se ploient. L’échelle s’éloigne. Un hérisson marche sur les dalles lisses et froides. Il a un petit museau rieur. Je souhaite qu’il passe vite, que personne ne le voit, que personne ne lui fasse de mal. Il traverse avec l’allégresse propre aux hérissons, me jette un petit coup d’œil furtif et disparaît derrière des monticules de terre noire que des taupes ont laissés. Va-t-il se rendre dans une de ces mystérieuses galeries ? Je ne sais. J’essaie de le retrouver. J’écarquille les yeux. Pas la moindre trace du petit hérisson. Je déplace la terre un peu. Je me met à creuser. Mais la galerie aussi n’est pas visible. La terre humide coule entre mes doigts. Je m’essuie les mains avec force. Je viens d’apercevoir un petit lombric tout rose se tortiller près de mes genoux noirs de terre eux aussi, tout étonné d’avoir été dérangé. Tant pis. Je ne résoudrai pas le mystère des galeries souterraines aujourd’hui !
Le portillon du jardin émet un grincement presque imperceptible. Le vent vient de le pousser. Et si je sortais ? Je me lève. Mon pied nu retrouve les dalles toujours aussi froides et toujours aussi lisses que je regarde avec défiance cette fois ci. Je sais que les fourmis ont en ce lieu précis un passage et qu’elles ne manqueront pas de considérer un pied nu comme un obstacle à leur activité quitte à lui infliger de vilaines « morsures ». Réunissant mes force et mon courage, j’arrive jusqu’au portillon. Il est immobile. Cela paraît presque incroyable que le vent aie pu le mouvoir tout à l’heure. Il semble lourd avec son fer noir rouillé. Il ne dit rien. Il m’attend. Il veut que je le franchisse de ma propre volonté, sans être en rien incitée par lui. Je sais que derrière lui m’attendent des terres inexplorées, des jardins interdits, des clôtures de bois bordées de framboises, des cabanes interdites, des tournesols dubitatifs devant mes exploits et mes conquêtes.
« Va » !

monika gollet, extrait de "conversation avec l'ange", aquarelle monika gollet

 

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Angélique Ionatos  posté le mercredi 03 février 2010 13:20

Actuellement en tournée en France (Avant scène de Cognac pour ceux qui habitent en Charente fin février)...

Je vous laisse déguster cette superbe chanson de l'album "canta Frida Kahlo, alas pa' volar"

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La mer  posté le mardi 02 février 2010 23:22

Blog de monapoezia :Les mots de Mona, La mer

La mer

Pour qui, pour quoi la mer immense
Chante sans fin ce sourd refrain
Qui de vague en vague s’élance
Comme un oiseau des flots marins ?

Je me souviens du temps jadis
Où sa complainte était si  belle
Que je levais les yeux au ciel
Et que du ciel tombaient des lys

Pétales blancs sur l’onde bleue
Dansant dans les reflets des astres
D’un rayon faisant un pilastre
D’un mot, un temple nébuleux

Où l’horizon semblait écume
Où les ressacs naissaient des eaux
Tout était pur, serein et beau
Infinie harmonie sans brume

Je veux revoir les blanches fleurs
Naître en ton sein où se confond
Le chant des sirènes, profond
Prodigue en rêves et couleurs

Dans la lumière d’un soleil,
Dans le ballet céruléen
De lys légers et aériens
Plonger au cœur de tes merveilles

Entendre la voix inaudible
Des créatures abyssales
Qui savent le bien et le mal
Et les secrets de l’invisible

Laisse-moi pénétrer, O Mer !
Les mystères de tes cantiques
Où se mêle la voix d’Homère
Aux murmures des dieux antiques

Assis sur les flancs impassibles
De blancs rochers aux algues vertes
Tenant  dans une main ouverte
Les vents au souffle d’Impossible

Dans l’autre, tenant la mémoire
Sacrée du liquide mouvant
Récits, contes, chants émouvants
Mer, ouvre-moi à tes histoires…

recueil "Ailleurs" ed.EDILIVRE

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Le Penseur  posté le mardi 02 février 2010 22:58

Blog de monapoezia :Les mots de Mona, Le Penseur
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