Comment commence-t-on un blog ? Par
un texte ? Une présentation ? Des vers ? Voilà une question qui me
turlupine depuis quelques jours...
Et puis tout à coup, une voix en moi, un chant... Je connais cette
voix, vibrante, profonde comme la mer, comme les éléments, comme le
temps... C’est celle d’Angélique Ionatos qui ressuscite
soudain une autre voix, une voix plus intimiste, une voix écrite,
universelle, éternelle : celle de Anna de Noailles... Mais écoutons
:
L'empreinte
Je m'appuierai si bien et si fort à
la vie,
D'une si rude étreinte et d'un tel serrement,
Qu'avant que la douceur du jour me soit ravie
Elle s'échauffera de mon enlacement.
La mer, abondamment sur le monde étalée,
Gardera, dans la route errante de son eau,
Le goût de ma douleur qui est âcre et salée
Et sur les jours mouvants roule comme un bateau.
Je laisserai de moi dans le pli des collines
La chaleur de mes yeux qui les ont vu fleurir,
Et la cigale assise aux branches de l'épine
Fera vibrer le cri strident de mon désir.
Dans les champs printaniers la verdure nouvelle,
Et le gazon touffu sur le bord des fossés
Sentiront palpiter et fuir comme des ailes
Les ombres de mes mains qui les ont tant pressés.
La nature qui fut ma joie et mon domaine
Respirera dans l'air ma persistante ardeur,
Et sur l'abattement de la tristesse humaine
Je laisserai la forme unique de mon coeur...
(extrait du recueil « le coeur innombrable », chanté par Angélique
Ionatos, album « Eros y muerte »)

yulya
lun 01 fév 2010 20:44