Accueil Date de création : 31/01/10 Dernière mise à jour : 29/11/11 13:17 / 37 articles publiés

incompatibilité  posté le mercredi 16 mars 2011 00:43

Tu aimes la vie
Tu aimes le soleil la plage la mer
tu es l'âme du soleil
la raison marche à tes côtés
je suis l'âme de la nuit
j'explore les profondeurs des gouffres
lorsque ma bouche sera sèche mes yeux vides mon corps éteint m'aimeras tu encore?
Car tu aimes le corps
tu aimes l'amour terrestre
tu marches sur tes jours
moi je les laisse glisser lentement sur moi et je les compte un après un
et pourtant je sais
que tu es autre
tu es ce feu qui te réveille et te révèle lorsque tes yeux brillent de cette flamme passionnée, ton visage au dessus du mien, tes yeux bleus immenses comme la mer où j'ai vu mes abysses où je me noie sans fin dans tes bras
ce feu que tu as appris à cacher au fond de toi et que tu n'oses faire parler
pourquoi?
ta bouche ment
elle ne dit pas la vérité de ta flamme
seuls tes yeux sont vrais
profonds et infinis
seul ton regard me parle
divin et animal
instinctif, pur, sauvage
tu es double
mais
tu es ce que je ne suis pas
car je suis multiple

juillet 2010

 

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Noces de cendres  posté le samedi 12 mars 2011 21:58

Noces de cendres

Toi.

Le monde, je ne le voyais que par tes yeux.
Ton rire était mon rire, ta douleur ma douleur, ta mélancolie, ma mélancolie, ta peur ma peur et mon cœur n'a jamais répondu qu'au battement de ton cœur, écho de ton souffle et de ta passion.
Dis, où était partie ta passion ?
Dis, où était parti ton rêve ?
Dis, où était parti ton sourire ?
Tes yeux étaient mes yeux. Le monde n'existait que par Toi.
Dis dans quel contrée est parti ton regard ?
Je suis seule aujourd'hui, plus seule encore que lorsque ta main s'était éloignée de la mienne, que lorsque tes mots avaient fui les miens pour me revenir ensuite en pleine poitrine.
Je suis seule aujourd'hui, plus encore que lorsque ta peur et ta colère, ton indifférence et ton incompréhension m'encerclaient.
De Toi me voilà orpheline.
Le sang vidé de ma poitrine.

Dis où est à présent mon cœur ?
Loque sanglante ensanglantant mes nuits ?
Dis où est à présent mon âme ?
Brûlée mille fois dans le désert de l'Angoisse au soleil Noir de la Folie ?

Pourquoi m'avoir relevée ?
Pourquoi avoir réveillé mes mots ?
Pourquoi m'avoir offert les maux
Blessure ouverte, mon espoir mort-né...

Je n'ose t'écrire. Je n'ose te regarder. Je fuis ton ombre, Je fuis ton image, je fuis le son de ta voix et pourtant je me souviens de chacun de tes gestes que j'ai aimés, de chacun de tes regards que j'ai contemplés.
Avant...
Je n'ose te parler. Je n'aime pas ma voix qui se tait, cri intérieur, hurlement féroce de cet amour au silence condamné.
Je n'ose te sourire car ce ne serait pas un aveu mais la dissimulation de ma douleur.

Je me tais.
Ce soir 11 mars, cela aurait fait 5 ans... Et je me souviens de tout comme si c'était hier, hier avant les ouragans, avant la tristesse, avant les larmes, avant les sanglots. Hier tout vêtu d'espoir, hier bleu dans tes yeux verts, hier charmant, innocent, ensorceleur, hier plein de poésie et de parfums.

Ce soir je creuserai un grand trou dans le jardin sous les feux des étoiles et j'ensevelirai hier dans son linceul de clair de lune.
Puis après avoir brûlé mes derniers vers, je les répandrai sur le corps de mon cœur juste au creux de la terre afin que jamais les toujours d'hier ne reviennent me hanter.

 

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la profondeur du Néant, extrait  posté le samedi 12 février 2011 00:08

Hôpital, urgences. Murs d'un rose sale, peinture décrépite... Je connais l'endroit pour y être une fois venu avec la fille de Flore. Elle avait piqué une crise, voulait absolument manger avant tout le monde et énervée, s'était ébouillantée toute la jambe avec l'eau des pâtes. Un mois d'arrêt, infirmière tous les jours. Ca ne l'a pas calmée. Insultes, grossièretés après les soins.
Cette fois-ci c'est moi qui suis sur le brancard. Je n'ai rien, pas grand-chose. L'avant-bras n'est pas coupé profondément. Il n'y aura qu'un point de suture.
J'ai bu. D'habitude je ne bois pas mais depuis quelques mois j'ai trouvé dans l'alcool un exutoire et un anesthésiant. C'est la deuxième fois que je m'entaille les poignets. Ce n'était ni prémédité, ni volontaire si on peut encore considérer qu'on puisse faire ce genre d'acte involontairement.
Voulais-je mourir ? Oui. La pulsion était là. L'envie de se détruire, ne plus être, ne plus ressentir, ne plus souffrir. Je l'avais déjà éprouvée en voiture lorsque la tentation de tourner le volant en direction de la rambarde de sécurité avait été si forte. Je ne l'ai pas fait. Quelque chose me retenait, quelque chose venu des profondeurs et plus fort que le néant. L'amour ? Dieu ? Un souvenir ? La conscience ? Je ne sais.
Flore a appelé le SAMU. Flore c'est ma femme. Je suis venu à elle, misérable et pleurant, l'avant-bras bandé, j'ai dû lui demander quelque chose comme de l'aide puis je me suis enfui. Je ne voulais pas lui faire de mal. Je voulais... Quoi ?
Les souvenirs sont confus de cette soirée comme ils le sont des mois précédents. A croire que mon cerveau les a effacés. A croire qu'ils n'ont jamais existé. Je pourrais tout nier et ceci en bonne foi. Ce n'était pas moi sur le brancard, ce n'était pas moi dans le bureau, la bouteille à la main, ce n'était pas moi en larmes, n'en pouvant plus de cette douleur, pas moi qui ai pris le cutter et ai tranché dans le vif, dans la chair. Ce n'était pas moi. Non, dans ma famille on ne pleure pas, on ne ressent pas, on ne se coupe pas. Du moins dans celle où je voulais vivre...
Ce n'était pas moi mais alors c'était qui ? Mon père ? Cet homme émotionnellement instable et immature qui après de violentes disputes menaçait d'aller se tuer en voiture et partait dans la nuit ? Ou qui se frappait la tête contre les murs ?
Je n'avais auparavant jamais commis de telles violences contre moi-même. Certes une précédente rupture m'avait plongé dans une douloureuse mélancolie mais jamais dans la violence et même si de funestes pensées m'étaient passées par l'esprit, ce ne furent que des tourbillons qui s'évanouirent rapidement.
Je ne supporte pas la violence pas plus que je ne supporte le « faire semblant ». Flore m'a aimé, certes. Ce devait être bien avant, peut-être au début. Mais au début d'une relation, aime-t-on vraiment ? N'est-on pas obnubilé par l'autre, par sa beauté, sa candeur ?
Non longues promenades. Ce désir d'être deux, d'être entiers, d'être l'un à l'autre ! Je crois que j'ai été bien seul depuis.
Je ne suis pas mon père et pourtant j'ai fait pareil que lui. Souffrait-il vraiment à cette époque ? Je l'ai haï pour son geste. C'était la veille d'un examen, une dispute, les cris horrifiés de ma mère... Puis ils sont partis aux urgences. Plusieurs points de suture et un rendez-vous chez un psy. Je ne sais si le médecin a réussi quelque chose car depuis, mon père torture ma mère autrement... Moi j'ai échoué à l'examen. Enfin, c'était un concours...
Je ne voulais pas torturer Flore. Je voulais... Me réveiller... Peut-être...
Il paraît que je criais que le ciel était vide, que la vie était vide et que je suppliais Dieu. Puis l'ambulance est venue. Drôle d'état d'âme pour quelqu'un qui n'a pas mis les pieds à l'église pour une messe depuis cinq ans. C'est peut-être le Diable qui m'a plongé dans le désespoir...
Il paraît que c'est Flore qui a appelé le SAMU exaspérée par mon « cinéma ». Il paraît que c'est son fils qui lui avait dit qu'il fallait faire quelque chose. Il paraît.
Le brancardier a une voix très douce. La femme qui l'accompagne a l'air très sévère. Ils m'abandonnent dans une salle. Une jeune infirmière me passe une blouse. Mon poignet est plein de sang. Je n'ai pas peur de ce sang qui coule mais j'éprouve déjà de la honte. Je suis aussi soudain très calme, apaisé. Non pas parce qu'on s'occupe de moi car on ne s'occupe pas vraiment de moi. Je suis calme car il me semble que je réintègre mon corps, que le cauchemar va finir.
Une femme de plus de soixante-dix ans est allongée sur un lit. Nous restons là sans rien dire. Puis elle engage la conversation. Une appendicite subite. Demain l'opération. Pas d'enfants qui viennent la voir. Comme moi. Je me sens soudain très compatissant.
Elle me dit que je suis jeune - j'ai moins de la moitié de son âge- et me fait promettre de ne plus recommencer et d'être heureux. Je ne sais pourquoi, je lui dis que je suis poète et écrivain. J'aurais dû dire poète démodé qui s'est trompé d'époque lorsqu'il est né - c'est ce que m'ont fait comprendre certains éditeurs, l'alexandrin n'ayant plus la cote- et écrivain raté. Elle me dit qu'elle aime la poésie romantique - je l'aurais embrassée si j'avais eu la force de me lever - puis les infirmiers sont venus l'emmener dans une chambre.
Je reste seul. Et soudain j'apprécie cette solitude. Des voix me parlent et du personnel défile. Je ne saisis pas grand-chose. Un interne vient enfin me recoudre. J'essaie, comme pour vérifier encore le fonctionnement de mon cerveau de lire et de fixer son nom inscrit sur sa blouse. Je n'y arrive pas. Même si je peux répondre mécaniquement à des questions comme mon âge, mon nom ou mon lieu de naissance, ces réponses là ne me concernent plus.
On m'abandonne de nouveau. Je reste dans le vide, mais ce vide là contrairement à l'autre ne me fait plus souffrir. Puis on m'apporte un papier qu'on me fait signer pour un transfert en centre de crise psy. Je signe. C'est un rêve oui, sûrement, peut-être la fin du cauchemar.
Je suis couché de nouveau sur un brancard. Arrivé par un grand hall. Une psy est là qui vient m'accueillir, assez froidement. Elle veut que je lui parle. Elle me demande si j'ai bien compris qu'elle est là pour que je lui parle. Je ne veux pas lui parler. Je n'ai rien à lui dire. Je n'ai rien à dire à personne. Elle n'a pas l'air contente. Des infirmières viennent et me montrent ma chambre : « Vous êtes en sécurité ici. »

Je n'ai jamais eu l'orgueil de vouloir devenir un grand écrivain, pas plus que je n'ai jamais eu l'ambition de monter à Paris. Je suis bien dans ma petite ville de Province au milieu des champs, contrairement à Flore qui voudrait une autre vie, contrairement aux reproches de ma belle-mère qui pense que mes états d'âme sont dus à une ambition inassouvie.
Flore, je l'ai rencontrée il y a cinq ans à une fête. Ma tristesse l'avait intriguée. Elle est venue vers moi. Nous avons échangé quelques mots puis nous avons dansé. Ses yeux bleus et verts m'ont séduit, troublé. J'ai été envoûté dès le premier regard. C'était un coup de foudre, ce coup de foudre auquel je ne voulais pas croire, dont je refusais l'existence, tout au moins dans ma vie.
Comme toutes les femmes que j'ai aimées, j'ai mis Flore sur un piédestal. Mais celui-ci commença à se craqueler lorsque je fis la connaissance de sa mère.
Flore et sa mère avaient une relation très fusionnelle dans laquelle Flore disparaissait totalement et je voyais bien en observateur externe que je n'étais pas le genre de personne que sa mère appréciait. Mais qu'importait ! Mon enthousiasme était là et j'étais persuadé que cette maman finirait par me connaître et m'aimer. Et elle m'aima ! Son amour s'exprima très clairement par les copieuses portions de nourriture qu'elle me servait même lorsqu'elle était chez sa fille et que je devais ingurgiter pour lui faire plaisir. Cet aimable et réjouissant gavage finit par me conduire à une âcre hostilité envers mon assiette puis à une forme de rébellion fort mal reçue par ma dulcinée qui ne comprenait pas mon refus des coutumes familiales.
Je finis par m'y faire gageant sur un avenir plus serein une fois installé avec Flore.
Flore avait deux enfants d'un précédent mariage. Un garçon et une fille. Je les ai rencontrés, je les ai aimés comme les miens. Puis l'adolescence est venu. La famille s'est transformée en tribu et le couple a commencé à se déchirer.

 

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séance dédicaces  posté le jeudi 03 février 2011 18:54

Le 12 février au théâtre de l'Eperon à Angoulême, séance de dédicaces organisée par mon éditeur...

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soirée poésie à Cognac du 10 décembre 2010  posté le lundi 13 décembre 2010 23:28

Blog de monapoezia :Les mots de Mona, soirée poésie à Cognac du 10 décembre 2010

A Cognac, ce 10 décembre, Crêperie l'Olympia, sur l'invitation de Dany Vinet, présidente de l'association poésie de Cognac et lors de la présentation de son anthologie "Souffles", une lecture de quelques poèmes des recueils "Aux mots inutiles"  et "Etats d'âmes".

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